
Imaginez. Au lieu d'apprendre sagement sur votre chaise d'écolier l’organisation d'une cité au Moyen Âge, vous vous promenez réellement dans les rues d’une ville d'aujourd'hui, guidés, grâce à votre mobile, par un GPS … médiéval. L’expérience, tentée à Amsterdam, pourrait bien faire des émules et devenir la norme d’un cours d’histoire.

De quoi s’agit-il exactement ? De « mobile learning ». Comprendre : l'introduction des outils numériques portables dans les techniques d'apprentissage. C’était le thème de la conférence organisée mercredi 16 mars sur le campus de Microsoft France, dans le cadre du cycle « design education » dirigé par Cap Digital et le groupe Compas,think tank basé à l'Ecole normale supérieure..
Les intervenants, John Traxler et Ronald Lenz, spécialistes des effets des technologies mobiles sur les techniques d'apprentissage, ont expliqué au cours de leurs interventions ce que les premières peuvent apporter aux secondes…
>> Alors, à quoi ressemblera l’école de demain ?
> Première piste : faire sortir l’école de son cadre traditionnel

L’exemple d’introduction, présenté par Roberto Cassati, du groupe Compas, permet de mieux comprendre ce qu’est le « mobile learning » :
« En Afrique du Sud, les étudiants utilisent couramment leurs téléphones pour poser des questions par SMS à leurs profs. Ce système a deux avantages : d'abord, on ne se doute pas de la quantité d'informations, notamment scientifique, que l'on peut faire tenir dans un SMS.
Ensuite, la réactivité du dispositif permet de poser une question exactement au moment où on en a besoin, donc d'optimiser son temps, tout en améliorant ses connaissances. »
Bref : faire éclater les murs de la classe, par l’utilisation intelligente des TICE à l’école, c'est le défi que proposent les défenseurs de cette nouvelle technique d’apprentissage. Selon eux, l’enseignement ne doit pas se cantonner aux murs étroits d’une salle de classe, mais peut revêtir bien d’autres réalités.
John Traxler, professeur de Mobile Learning à l’Université de Wolverhampton et fondateur de l’Association Internationale du Mobile Learning (IAML), s’intéresse à cette question, depuis le début des années 2000. Il en détaille la longue liste d’avantages :
« Tout d’abord, grâce aux outils portables, l’apprentissage franchit des barrières sociales, économiques, et bénéficie à ceux que les structures fixes d’enseignement excluent habituellement », explique-t-il.
C’est le premier argument en faveur du « mobile learning » : il ouvre la voie de l’apprentissage aux enfants exclus du système éducatif classique, parce qu’ils sont en situation de handicap et ne peuvent pas se déplacer, parce que leur pays ne dispose pas des infrastructures suffisantes, ou encore parce qu’ils appartiennent à des catégories sociales marginales.
En résumé, il constitue une solution face aux structures d’apprentissage trop coûteuses, trop éloignées ou trop difficiles d’accès.
Côté pratique, les outils numériques mobiles peuvent également faciliter les questions d’organisation. Grâce à son téléphone portable, on peut apprendre que son prof est malade, et qu’il sera absent le lendemain, et s’épargner ainsi un déplacement inutile. Ou encore savoir où se trouve l’exemplaire le plus proche du livre que l’on cherche, en fonction de l’endroit où l’on se trouve. Des applications déjà expérimentées à Oxford.
> Deuxième évolution : une nouvelle méthodo
Mais le « mobile learning » a également des conséquences au sein-même des établissements classiques d’enseignement.
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D’abord, parce qu’il est un élément de motivation : les exercices qu’il permet sont le plus souvent ludiques, et font appel à des techniques attractives, comme la réalité augmentée.
Pour Ronald Lenz, directeur du « Urban Reality Lab », au Waag Society (laboratoire de recherche expérimentale sur les technologies mobiles), cet aspect est même l’une des règles de base de cette technique d’apprentissage. Une nouvelle méthodologie, dont les grands principes sont de tirer inspiration de son environnement pour proposer des exercices narratifs et ludiques.
Exemple : pour célébrer le 400ème anniversaire de l’arrivée d’Henry Hudson à New York, en 2009, un jeu a ainsi été développé entre Amsterdam et New York : des étudiants de ces deux villes, connectés entre eux grâce à leurs portables, participaient à une chasse au trésor dans les rues des deux cités, grâce à une application mêlant géolocalisation, cartes historiques, éléments architecturaux, ...
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Yvane Jacob